Infections urinaires chez l’homme

Les infections urinaires chez l’Homme

Si l’on associe toujours l’infection urinaire à la cystite, cela n’est pas tout à fait exact. En réalité il existe 3 types d’infections urinaires :

  1. Cystite
  2. Urétrite
  3. Pyélonéphrite

De même s’il est courant de penser que les infections urinaires ne touchent que les femmes cela est faux puisque les hommes peuvent eux aussi contracter des cystites, urétrites ou pyélonéphrites. Et puisque nous ne nous intéressons que trop peu au cas de l’homme, nous allons développer ce sujet au travers de notre dossier du mois.

A l’état normal l’urine est stérile, c’est à dire qu’elle ne contient ni bactérie, ni virus ni champignon.

I.La prévention

A. Quelques règles d’hygiène intime et alimentaire

  1. Consommer du Cranberry (confort urinaire et digestif)
  2. Boire 1.5 à 2L d’eau par jour
  3. Lutter contre la constipation : manger des légumes riches en fibre, consommer des fruits, privilégier les céréales complètes riches en fibre. En complément vous pouvez faire des cures de chlorella qui permet de lutter naturellement contre la constipation.
  4. Proscrire l’utilisation de parfum intime
  5. Uriner aussi souvent que nécessaire
  6. Utiliser un préservatif lors d’un rapport sexuel anal
  7. Utiliser un préservatif lors d’un rapport sexuel avec un nouveau partenaire
  8. Éviter le port de sous-vêtements en matière synthétique

B. Pourquoi du Cranberry?

Baies de cranberry

Le Cranberry porte plusieurs noms dont les suivants

  1. Canneberge
  2. Vaccinium macrocarpon
  3. Grande airelle rouge d’Amérique du Nord.

Les baies rouges du Cranberry contiennent des polyphénols (puissants antioxydants) :

  1. Anthocyanes
  2. Proanthocyanidines de type A (PAC).

Les proanthocyanidines contenus dans les baies rouges du Cranberry permettent de limiter la fixation de certaines bactéries (notamment Escherichia coli) responsables d’infections urinaires.

L’AFFSA a reconnu qu’une dose journalière de 36mg de proanthocyanidines (PACS) par jour diminuait significativement le risque d’infection urinaire. 2 comprimés de confort urinaire et digestif contiennent 36 mg de PACS.

D’autres effets bénéfiques dont on ne parle que trop peu ont été mis en évidence, comme l’amélioration de l’état général de la prostate.

II.Un peu d’anatomie

L’homme est relativement protégé des infections urinaires pour 2 raisons :

  1. La distance qui sépare l’anus de son méat urinaire (orifice situé à l’extrémité du gland) est bien plus importante que chez la femme. En effet la longueur de l’urètre masculin est en moyenne de 16 cm, alors que celle de l’urètre féminin est de 2 cm. L’urètre est le conduit transportant l’urine de la vessie vers l’extérieur (voir schéma ci-dessous).

En quoi cela est-il si important ?

Chez la femme, l’urètre étant assez court (environ 2 cm), les bactéries commensales (c’est-à-dire naturellement présentes) de l’intestin (Escherichia coli, Proteus mirabilis…) peuvent plus facilement remonter l’urètre pour atteindre la vessie et commencer à se multiplier. Si ces bactéries sont indispensables au bon fonctionnement digestif, elles sont pathogènes pour le système urinaire.

2. La seconde raison réside dans le fait que les sécrétions prostatiques acides permettent de protéger l’homme des infections urinaires.

schéma sys urinaire homme

III.Les différents types d’infections urinaires

Les différents types d’infections urinaires sont les suivants :

  1. Cystite : inflammation aiguë (signifie que l’infection apparaît brutalement) ou bien inflammation chronique (se développant sur une période plus longue) de la vessie. On parle de cystite récidivante quand celle-ci survient 4 fois ou plus par an.
  2. Urétrite : inflammation de l’urètre. Les symptômes sont surtout présents chez l’homme. En effet celui-ci ressentira des brûlures de l’urètre lors de la miction et il pourra remarquer un écoulement purulent jaunâtre. Attention chez l’homme l’urétrite mal traitée entraîne un risque de rétrécissement de l’urètre.
  3. Pyélonéphrite : infection et inflammation de l’appareil urinaire haut. La pyélonéphrite est généralement déclenchée par une infection bactérienne des voies urinaires basses (urètre, vessie) qui « remonte » le système urianire. Le plus souvent la pyélonéphrite est accompagnée d’une fièvre entre 39 et 40°C.
  4. Prostatite : Attention il est à noter que la prostate fait partie de l’appareil reproducteur de l’homme et non du système urinaire. Cependant nous allons décrire succinctement la prostatite. La prostatite est une infection de la prostate par une bactérie. Le début de l’infection est souvent brutal. Pouvant être déclenchée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae.
  5. Epididymite : c’est une infection du canal testiculaire dans lequel passe les spermatozoïdes. L’épididymite n’est pas une infection urinaire cependant elle entraîne des troubles urinaires. Et comme la prostatite elle peut être déclenchée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae.
  6. Orchite : l’orchite est une infection des testicules. De même que la prostatite ou l’épididymite, l’orchite n’est pas une infection urinaire mais elle entraîne des troubles urinaires.

IV.Les facteurs de risque de ces infections urinaires chez l’homme.

A. La prostate

Si les sécrétions prostatiques acides chez l’homme jeune le protège des infections urinaires, avec l’âge on observe une diminution de ces sécrétions et une augmentation du volume de la prostate et surtout une mauvaise vidange vésicale (lors d’hypertrophie de la prostate par exemple). La vessie se vidangeant mal et retient un résidu d’urine en fin de miction. Ce résidu augmente le risque d’infection urinaire.

B. Les germes

1. Auto-contamination (la personne transporte elle-même la bactérie d’un endroit du corps à un autre).

  1. Escherichia coli : bactérie commensale de l’intestin
  2. Proteus mirabilis : bactérie commensale de l’intestin
  3. Klebsiella : bactérie commensale de l’intestin et de l’appareil respiratoire
  4. Staphylococcus saprophyticus : bactérie commensale de la peau

Il me paraît indispensable de définir le terme commensal : un organisme commensal est un organisme qui vit aux dépens d’un autre mais qui ne lui cause pas de dommage. L’organisme et plus spécifiquement la peau et les muqueuses sont en permanence colonisés par des bactéries commensales. Celles-ci jouent un rôle dans les défenses du corps humain. En effet, les micro-organismes commensaux, grâce à un effet barrière, empêchent l’installation des bactéries pathogènes (à l’origine de maladies). .

Mais alors pourquoi un organisme commensal peut devenir pathogène ?

Si une bactérie est commensale de l’intestin cela signifie qu’elle joue un rôle de défense de l’organisme au niveau de l’intestin or si cette bactérie se trouve en contact avec un autre organe elle peut devenir pathogène. C’est exactement ce qui se passe dans le cas d’une cystite provoquée par Escherichia coli.

2. Contamination par un partenaire

  1. Chlamydia : IST (infection sexuellement transmissible), transmise d’un partenaire à un autre.
  2. Mycoplasme : IST, transmise d’un partenaire à un autre.

De plus un rapport sexuel annal sans protection peuvent induire des infections urinaires chez l’homme.

C. Diabète

Le diabète pourrait prédisposer les patients à une fréquence plus importante des infections urinaires. Ceci n’est pas fermement établi. Cependant les infections sont souvent plus sévères et plus compliquées chez le diabétique. Cela est du à plusieurs facteurs :

  1. La fonction des leucocytes polynucléaires est déprimée.
  2. Les fonctions d’adhérence, de chimiotaxie (déplacement causé et entretenu par un facteur chimique) et de phagocytose leucocytaire (« ingestion » des bactéries) peuvent être affectées.
  3. Les systèmes antioxydants intervenants dans l’activité bactérienne sont également altérés.

Le diabète est aussi un facteur prédisposant l’appareil urinaire à des infections causées par des champignons, notamment Candida.

D. Système immunitaire déficient

Des études épidémiologiques ont démontré une fréquence élevée des atteintes rénales chez les patients VIH +. Celles-ci peuvent être dues à la diminution de l’efficacité du système immunitaire mais les médicaments antirétroviraux peuvent aussi être néphrotoxiques (attention cela est différent des infections urinaires qui sont dues à des micro-organismes).

E. Les antibiotiques

La prise d’antibiotiques à large spectre (activité sur l’ensemble des bactéries) détruit la flore intestinale.

La flore intestinale est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, champignons…) qui se trouvent dans le tube digestif c’est-à-dire l’intestin mais aussi l’estomac.

Les fonctions de la flore intestinale (intestin+estomac) sont :

  1. Désagrégation des cartilages et cellulose ingérés
  2. Rôle dans la réponse immunitaire
  3. Synthèse de la vitamine K
  4. Digestion du lactose
  5. Empêcher la prolifération de bactéries pathogènes
  6. Assimilation des nutriments

Ayant le pouvoir de détruire la flore intestinale qui joue un rôle majeur dans la réponse immunitaire, il est possible de développer après la prise d’antibiotiques une infection urinaire ou une mycose.

F. Sonde et infection urinaire

Les infections urinaires dues aux sondes sont souvent asymptomatiques et ont des complications généralement graves.

Les sondes urinaires entraînent une altération des moyens de défense naturels entre la face extérieure de la sonde urinaire et la muqueuse urétrale. De plus il y a une altération mécanique de l’épithélium.

V.Les symptômes

A. Les symptômes de la cystite

Elle se manifeste par des signes fonctionnels urinaires :

  1. Pollakiurie (augmentation de la fréquence des mictions), impériosités (envie pressante d’uriner, impossible à contenir)
  2. Dysurie (diff8icultés à la miction)
  3. Brûlures mictionnelles
  4. Hématurie (présence de sang dans les urines).

Il n’y a ni fièvre ni douleur lombaire.

B. Les symptômes de la pyélonéphrite

Elle se manifeste par des signes fonctionnels urinaires :

  1. Pollakiurie (augmentation de la fréquence des mictions), Impériosités (envie pressante d’uriner, impossible à contenir)
  2. Dysurie (difficultés à la miction)
  3. Brûlures mictionnelles
  4. Hématurie (présence de sang dans les urines).

Et par :

  1. Fièvre entre 39 et 40 °C
  2. Frissons
  3. Douleurs lombaires ne touchant qu’un seul côté
  4. Douleur à la mobilisation du rein à l’examen clinique

C. Les symptômes de la prostatite

  1. Frissons
  2. Fièvre
  3. Troubles urinaires
  4. Envie fréquente d’uriner
  5. Faiblesse du jet
  6. Faible volume d’urine
  7. Présence de sang dans les urines
  8. Douleurs dans le bas ventre
  9. Éjaculation douloureuse

D. Symptômes de l’épididymite

  1. Douleurs de la bourse
  2. Fièvre
  3. Troubles urinaires

E. Symptômes de l’orchite

  1. Augmentation du volume du testicule
  2. Fièvre
  3. Troubles urinaires

Article rédigé par :

Anaëlle LE COGUIC, Docteur en Pharmacie