L’hypertension artérielle

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Quels sont les signes qui peuvent annoncer un hypertension artérielle ?

 

Une vision floue, des mouches volantes, des bourdonnements ou des sifflements d’oreille de même que les céphalées la nuit ou le matin. Les douleurs des membres inférieurs, des troubles du rythme cardiaque ou une dyspnée sont aussi des signes avant coureur de l’HTA. De même que les mictions exagérément fréquentes et peu abondantes, la sensation de fatigue les saignements de nez et le purpura.

Attention, cependant ces signes ne peuvent servir à dépister la maladie ni à apprécier sa gravité.

Bien que l’on puisse avoir certain des ces signes, la plupart du temps aucun symptômes n’est détectable.

Il faut donc prendre ou faire prendre régulièrement sa tension. Car quel que soit l’âge, l’HTA accroît le risque d’AVC et diminue la durée de vie de 10 à 20 ans en l’absence de traitement et de règles hygiéno-diététiques drastiques.

Epidémiologie

 

En France, la prévalence de l’HTA se situe à hauteur de 30% chez les 34/64 ans. Ces chiffres augmentent pour atteindre plus de 67% chez les 65/74 ans.

Parmi les hypertendus, seulement 1 peu plus de la moitié en aurait connaissance et seulement 50% seraient traités.

En France ont estimé en 2008, à 10,5 millions de patients traités.

L’hypertension est la première cause de décès dans le Monde (les chiffres diffèrent en fonction des pays), devant le tabagisme, l’hyperglycémie, l’inactivité physique et l’obésité. Ces 5 facteurs de risque sont à l’origine de 40% des 60 millions de décès recensés chaque année (données OMS). L’HTA est à l’origine de 7,5 millions de décès chaque année à travers le monde.

Espérance de vie réduite

 

L’HTA multiplie par 9 le risque d’AVC et par 5 le risque d’insuffisance cardiaque et enfin par 2,5 le risque d’insuffisance coronarienne et d’artérite des membres inférieurs.

Hygiène de vie

 

De nombreuses études épidémiologiques montrent l’importance de l’hygiène de vie. Un excès de sel, de tabac, d’alcool, de lipides ou de glucides sont générateurs d’HTA.

Cependant les causes de l’HTA sont nombreuses. C’est pourquoi dans bien des cas l’hygiène de vie n’est pas la seule cause.

Effets secondaires de l’hypertension artérielle

 

L’HTA favorise la formation de plaques d’athérome qui peuvent obstruer les artères, c’est ce que l’on appelle une embolie. Elles peuvent de même obstruer les vaisseaux ce qui entraine l’ischémie voire la nécrose de l’organe irrigué.

En réponse à l’augmentation de pression dans le système artério-veineux du corps, les artères durcissent. Les artérioles (petites artères) doivent alors absorber l’intégralité de la pression. Ce phénomène entraîne une distension de la paroi des artérioles et une fuite de plasma. C’est pourquoi les hypertendus souffrent d’œdème.

Quels sont les organes touchés ?

 

L’HTA atteint le cœur, le cerveau, les reins, les yeux et les membres inférieurs.

Hypertension artérielle et ses conséquences sur le cerveau :

Nous parlons régulièrement dans notre vie courante d’AVC (accident vasculaire cérébral), de rupture d’anévrisme, d’hémorragie cérébrale, mais sait-on exactement ce que sait, et y en a-t-il plusieurs formes?

Sous l’effet de l’hypertension artérielle, les artérioles cérébrales sont fragilisées, elles se distendent, se déforment. Et c’est ainsi que se forment les micro-anévrismes.

Lors d’une élévation de la pression artérielle, ces micro-anévrisme peuvent se rompre, c’est ce que l’on appelle couramment la rupture d’anévrisme. La rupture d’anévrisme consiste en une hémorragie cérébrale dans le cas présent on parle d’AVC hémorragique.

Il faut noter que ce sont des accidents d’une extrême gravité car ils sont fatals à 80% dans l’année qui suit l’AVC hémorragique.

Il existe un autre type d’AVC, se sont les ischémiques.

L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque de l’athérosclérose au niveau cérébral. La plaque d’athérome rétrécit le diamètre du vaisseau ou peut même le boucher en provoquant la formation d’un caillot ou d’une embolie.

L’HTA a aussi des conséquences sur le rein et l’œil.

L’hypertension artérielle est la seconde cause d’insuffisance rénale après le diabète.

Mais l’insuffisance rénale peut être à l’origine de l’hypertension. Cette HTA est due à la diminution du nombre de néphrons fonctionnels et à l’augmentation de la rétention d’eau et de sodium (hydrosodée).

L’HTA entraîne un rétrécissement du calibre des artères de la rétine, ce qui entraîne la diminution du débit sanguin et l’apport d’oxygène à la rétine. L’HTA est responsable d’hémorragies rétiniennes et d’œdème qui peut entraîner un décollement de la rétine et donc la cécité.

Nous ne rentrerons pas dans la multitude de traitements proposés, car ce n’est pas le but. Pour plus de détails consulter le power point HTA et traitements ci-dessous.

Il est cependant à noter que le bénéfice du traitement pharmacologique est avant tout dépendant de la baisse de la pression artérielle, quelle que soit la classe d’antihypertenseur utilisée.

Nous allons nous attarder sur les mesures hygiéno-diététiques.

Traitement non pharmacologique

 

Les mesures hygiéno-diététiques sont recommandées chez tous les patients hypertendus, quel que soit le niveau tensionnel, avec ou sans traitement pharmacologique associé.

Mais qu’est ce que sont « les mesures hygiéno-diététiques » ???

Limitation de la consommation en sel (NaCl) jusqu’à 6 g/j. Pour matérialiser cette quantité, une petite cuillère de sel représente 5g.

Réduction du poids en cas de surcharge pondérale, afin de maintenir l’IMC (indice de masse corporelle) en dessous de 25 kg/m2, ou à défaut, afin d’obtenir une baisse de 10 % du poids initial.

Comment calcule-t-on son IMC ?

 

IMC=poids/(taille)²

Limiter la consommation d’alcool à moins de 3 verres de vin ou équivalent par jour chez l’homme et 2 verres de vin ou équivalent par jour chez la femme

L’arrêt du tabac associé si besoin à un accompagnement du sevrage tabagique

Régime alimentaire riche en légumes, en fruits et pauvre en graisses saturées (graisse d’origine animale).

Pratique d’une activité physique régulière, adaptée à l’état clinique du patient, d’au moins 30 min, environ 3 fois par semaine

L’activité physique réduit la pression artérielle chez les patients hypertendus, en moyenne de 11 mmHg pour la pression artérielle systolique et de 8 mmHg pour la pression diastolique. Elle réduit dans les mêmes proportions l’hypertension artérielle d’effort. Elle permet de différer, voire de rendre inutile, le traitement médicamenteux d’une hypertension artérielle de diagnostic récent. Les mécanismes expliquant cet effet sont là encore incomplètement connus. Cependant, une diminution des résistances artérielles périphériques, une réduction de la dysfonction endothéliale et des anomalies neuro-hormonales liées à l’hypertension artérielle, ainsi qu’une augmentation de la sensibilité à l’insuline (impliquée dans la pathogénie de l’hypertension artérielle) ont été démontrées (données inserm).

Les graisses saturées ?

 

Il faut distinguer les graisses saturées des graisses insaturées car pour la plupart des personnes, une consommation importante de graisses saturées aggrave le taux de cholestérol sanguin et accroît le risque de maladie cardio-vasculaire. Les recommandations officielles limitent l’apport en graisses saturées à 1/3 des matières grasses totales. Les matières grasses alimentaires consistent en un mélange de 3 types d’acides gras saturés, monoinsaturés et polyinsaturés.

Les graisses saturées sont dominantes dans la viande et les produits laitiers et dans quelques graisses végétales comme l’huile de noix de coco et l’huile de palme. On les reconnait facilement car elles sont à l’état solide (beurre…) contrairement aux graisses insaturées qui sont liquides (huile d’olive…).

Article rédigé par :

Anaëlle LE COGUIC, Docteur en Pharmacie